13 décembre 2007

ELOGE DU DESIR - BLANCHE de RICHEMONT

821110153e3da4c1777a476eccd2a079.jpg Excellent ouvrage qui  traite du désir dans le sens « moteur » de nos vies, de quoi s’interroger sur le visage que nous mettons au mot désir…  

 

 

 

Passages choisis :

1 - LE FOYER DU DESIR

« Le désir est l’essence de l’homme » SPINOZA

Tu es ce que tu cherches…

Le désir le plus évident, n’est pas celui que l’on ne remet jamais en cause, mais celui auquel on revient le plus souvent.

Se choisir : pour s’approcher de cette évidence qui nous anime, nous devons nous simplifier. Etre simple, c’est être vrai, confiant, centré sur l’essentiel que nous avons choisi et non que nous nous sommes imposé. Nous avons besoin de schémas, de structures mais il faudrait se glisser en eux par choix et non par fatalité. Nous pouvons sans cesse nous réinventer. Nous sommes plus nuancés, plus riches, plus fous que tous les schémas. Ils ne sont que des refuges de passage.

On n’échappe pas à soi-même

« Le génie, c’est d’être soi-même » HUGUENIN

2- CROIRE

Il ne s’agit pas de vouloir, car la volonté est une faculté de l’entendement. Or on ne choisit pas son désir, il s’impose à nous.

Par-dessous tout… : Il m’est arrivé de lutter contre un amour pendant des années. J’avais beau me raisonner, j’avais beau l’insulter en silence, me persuader que je perdais mon temps et bientôt mon âme, c’était toujours à lui que je revenais. J’avais tort de lutter. Le cœur savait ce qu’il faisait. Cet amour passé me porte encore aujourd’hui. C’est en cela qu’on reconnait le mystère : lorsque notre désir résiste à toutes les épreuves. S’il meurt de lui-même dans l’obstacle, c’est qu’il n’avait pas de valeur d’essentiel. Il n’était pas guidé par plus haut que lui.

3 - DELIVRANCE

« Agir, c’est trouver le repos » PESSOA

En amour, on croit se libérer de soi. Or, par son regard, l’autre nous ramène à nous-mêmes.

Le plus grand cadeau que l’on puisse faire à l’autre est de lui accorder une attention dépourvue de tout projet. Il doit rester une fin et non un moyen. Etre pour soi-même un tout et ne rien attendre.

4 – VIVRE DANS L’INSTANT

Lorsqu’on se laisse surprendre par l’instant, la vie devient un appel.

« Ceux qui refusent le combat sont plus grièvement blessés que ceux qui y prennent part » OSCAR WILDE

Ne pas espérer : agir.

Il vaut mieux vivre ses désirs, se laisser déchirer, bousculer par eux que de rêver sans cesse à un avenir meilleur. Il n’arrive jamais. Les heures les plus légères, les plus heureuses naissent par surprise, elles ne se programment pas.

5 – REVER D’IMPOSSIBLE

Ce qui nous arrive est conditionné par ce qu’on donne de nous. Il n’y a pas de fatalité. Certains se laissent ensevelir sous les pierres qu’on leur lance, d’autres construisent une muraille, d’autres encore leur royaume. C’est notre désir d’être au monde qui détermine notre façon d’évoluer. Nous sommes déchantés car nous le voulons bien. C’est une vision de l’esprit.

Nous avons perdu le rêve : comment avancer si nous avons perdu l’impossible ?

Nous n’avons pas tant besoin de repos. C’est l’inertie de notre âme qui nous éreinte. Comme si le fait d’avoir perdu la foi nous empêchait de nous élever.

Nous donnons trop d’importance à nos lamentations. On s’inquiète de nos souffrances quand il faudrait seulement les laisser nous traverser. Elles font partie de la vie. Elles ne sont pas si graves. C’est leur faire trop d’honneur que de les laisser nous désenchanter. Il y a tant à vivre, à dévorer, à découvrir, à bouleverser. Consentir à une fatigue générale, c’est occulter l’abondance qui nous habite.

6 – LIBRE

Notre vie intérieure est la seule chose qu’on ne pourra jamais nous enlever. Elle est la garante de notre liberté. Un refuge inattaquable.

« Agis comme si tu devais mourir tout de suite après » EPICTETE

Le défi d’une vie est de ne plus faire qu’un avec son désir.

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