06 février 2008

Rumeur et/ou information ?

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C’est par une démarche journalistique qu’il incombe tout particulièrement d’établir la différence entre les deux.

Une information possède au moins deux caractéristiques essentielles : elle a un auteur et une source authentifiée.

Une rumeur, tout au contraire n’a pas d’auteur : on la tient d’untel, qui lui-même… Le recoupement est quasi impossible (s’il l’était, la rumeur deviendrait une information !). Elle circule souvent très vite et c’est même ce qui lui confère une apparence d’authenticité : on l’apprend de quelqu’un puis, un peu plus tard, de quelqu’un d’autre, à peine déformée (!!!) . Il y a donc comme un recoupement… Comment alors ne pas adhérer ?

Anodines ou dangereuses, les rumeurs occupent une place non négligeable dans notre univers quotidien.

Dès lors il faut prendre du recul face à la rumeur, à la façon de la détecter ainsi que de s’en prémunir avec un peu d’esprit critique.

Au sein de l'Entreprise, la  rumeur devient tout à la fois une arme politique et une polémique passionnelle. Et dans ce climat, propice à toutes sortes de pressions et de manipulations, il ne faut tenir compte que des faits pour analyser la rumeur objectivement. Mais comment traiter un événement par nature ambigu, lorsque l'information est absente voire cachée et où la désinformation n'est jamais loin ?

Loin d'être un témoin objectif d'un événement, nous construisons notre regard à la fois au travers de nos opinions personnelles mais aussi sous l'influence du monde extérieur. Or, la rumeur est plus souvent accompagnée de convictions que de certitudes et se développe justement dans un milieu favorable aux manipulations diverses (1)  et variées. C'est pourquoi il est sans doute si difficile de traiter d'une rumeur en toute impartialité.

Une rumeur ne saurait être considérée d'emblée comme erronée. Prouver sa véracité ou son absurdité peut certes devenir un objectif. Mais je pense qu'il est plus riche encore, et sans doute plus précieux d'un point de vue sociologique, de comprendre ce langage symbolique, qui exprime tout à la fois les angoisses, les attentes et les fantasmes de la société :  les rumeurs obéissent à une logique et à des règles dont il est possible d'analyser les mécanismes. La majorité des rumeurs sont produites spontanément, elles ne sont pas le fruit d'un complot mais d'un mensonge, de "paroles en l'air" dont un groupe ou une société se saisit, pour diverses raisons, et l'amplifient ainsi. Il semble que le besoin de "partir en croisade" conduit certaines personnes à s'emparer de rumeurs et à les propager afin de se donner une importance, un rôle social dont elles seraient habituellement dépourvues. La rumeur offre parfois une explication simplifiée et rassurante de certains problèmes de société, expliquant ainsi son succès.

(1)   Un certain nombre de rumeurs, comme à l'approche d'élections par exemple, sont produites intentionnellement dans le but de discréditer un opposant.

 

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