23 juin 2008
L’ARCHEOLOGIE AERIENNE : les vestiges du passé vus du ciel…
L’archéologie aérienne a pour but de repérer et d’identifier les anomalies du paysage qui trahissent l’existence de sites inédits ou la présence de vestiges nouveaux qui complètent des sites déjà connus ou en partie.
L’archéologie aérienne est une technique en amont des fouilles qui est expérimentée depuis à peu près 50 ans, c’est donc une technique jeune…et qui tâtonne encore… La connaissance de l’Histoire de la région survolée ainsi que des moyens techniques type usage de l’ULM et de l’appareil photo sont de mise (appareil d’une sensibilité de 100 à 200 ASA et une vitesse d’affichage de 1/250 au moins sont requis).
Quels sont les indices qui permettent de repérer les anomalies du paysage… :
• Les plantes : ce sont les indices les plus fréquents : la végétation est sensible à l’hétérogénéité du sol. Si des ruines se trouvent sous terre, il y a des anomalies de type : pas de végétation au-dessus sur la surface du sol ou alors elle sera différente, par la couleur ou la taille (anomalies phytographiques).
• L’humidité : après des pluies abondantes, le sol emprunte ses nuances aux débris qu’il renferme par des anomalies de tâches sur le sol qui indiquent des fondations en dessous. Ces anomalies peuvent se remarquer tôt le matin.
• La couleur du sol : dans les terroirs qui n’ont pas subi le nivellement séculaire des travaux agricoles, subsistent des sites qui ont conservé encore une période de leur relief : on peut détecter ces microreliefs tôt le matin, en fin de journée ou encore l’hiver (bref, quand la lumière est rasante).
• Le paysage : de tous Temps l’homme a agi sur son milieu, il a modelé le sol, la nature et le sous-sol, mis en valeur les terres, défriché et toutes ces interventions, dont les perturbations ont laissé des traces superficielles, visibles parfois en permanence
• Polymorphisme des indices : parfois un site peut présenter plusieurs des perturbations ce qui permet des découvertes à tout moment de l’année en tenant compte d’un certain nombre de contraintes dont les plus évidentes sont :
o Le calendrier des travaux agricoles
o La rotation des cultures
o Les conditions météorologiques propices
o De la ténacité, de la persévérance et le facteur hasard
o La rotation des cultures
o Les conditions météorologiques propices
o De la ténacité, de la persévérance et le facteur hasard
Difficultés et limites de l’Archéologie aérienne :
• Tout d’abord, cette méthode s’inscrit dans le cadre d’un long travail préparatoire (dépouillement bibliographique, prospections des fouilles anciennes et rapports archéologiques anciens, analyse de photos aériennes verticales de l’I.G.N. (1/25.000), cartes anciennes, comparaisons cartes-photos, connaissance de l’Histoire de la région…)
• Ensuite le facteur humain à savoir l’archéologue : « on ne voit que ce que l’on regarde et l’on ne regarde que ce que l’on a dans l’esprit » cette citation de Bertillon, fondateur de l’anthropologie criminelle est une bonne citation pour résumer le dilemme de l’archéologue…
• Enfin les photos aériennes qui auront été prises devront faire l’objet d’un réajustage en raison des déformations liées a la perspective grâce à des logiciels spécialisés pour en traiter l’image.
• Ensuite le facteur humain à savoir l’archéologue : « on ne voit que ce que l’on regarde et l’on ne regarde que ce que l’on a dans l’esprit » cette citation de Bertillon, fondateur de l’anthropologie criminelle est une bonne citation pour résumer le dilemme de l’archéologue…
• Enfin les photos aériennes qui auront été prises devront faire l’objet d’un réajustage en raison des déformations liées a la perspective grâce à des logiciels spécialisés pour en traiter l’image.
Exploitation des résultats :
• Datation des sites : la dimension temporelle manque à l’archéologie aérienne d’où la nécessité de connaître l’Histoire… Par exemple, deux carrés inscrits feront penser à un temple de tradition celtique (ou fanum) mais un cercle isolé peut être aussi bien de l’age de bronze que du Moyen Age, un tertre isolé peut-être le vestige d’un tumulus, d’une motte ou d’une butte de moulin ou même les trois, si, comme c’est souvent le cas, il y a eut pour les constructions architecturales réutilisations successives. La fouille au sol est donc indispensable en cas de doute.
• Localisation : chaque site découvert doit être localise parfaitement de façon à établir sa fiche d’identité sur la carte IGN au 1/25.000e avec ses coordonnées Lambert qui seront des repères permanents et sur le plan du cadastre aux échelles plus grandes avec le secteur, le lieu dit, le numéro de parcelle et l’année d’actualisation de la fouille (l’évolution des pratiques agraires imposant périodiquement, la révision des plans).
En conclusion, nous pourrions dire que l’archéologie aérienne offre deux avantages : d’abord elle n’est pas destructive et enfin elle permet de sélectionner les sites de fouilles au sol qui sinon serait si nombreuses qu’il ne serait pas envisageable de tout fouiller et qui impliquerait un choix de fouilles aléatoire donc un choix hasardeux.
20:11 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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